ReFrACT Café : « Défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest : une approche systémique ? » 09 march 2026
ReFrACT Café : « Défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest : une approche systémique ? » 09 march 2026
Le 9 mars, de 14h00 à 16h00 à Bruxelles, ReFrACT a organisé un nouveau ReFrACT Café consacré aux défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest et à l’intérêt d’une approche systémique pour les analyser.
Face aux évolutions récentes des dynamiques conflictuelles dans la région, notamment leur extension progressive vers les pays côtiers, la crise sahélienne ne peut plus être appréhendée uniquement dans les limites de son espace d’origine. Elle s’inscrit désormais dans des recompositions sécuritaires régionales plus larges.
La discussion s’est articulée autour d’une question centrale : assiste-t-on à une simple extension géographique du conflit sahélien, ou plutôt à l’imbrication progressive de conflits distincts, porteurs de dynamiques propres mais désormais interconnectés ?
Les échanges ont mis en évidence la nécessité de repenser certains cadres analytiques afin de mieux comprendre ces transformations. Une approche élargie permet notamment d’analyser les recompositions régionales de la violence, des rapports de pouvoir et des dispositifs de sécurité.
Parmi les principaux enseignements de la discussion :
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Une approche systémique permet d’appréhender les crises comme le produit d’interactions entre dynamiques initialement distinctes mais progressivement connectées.
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La notion de « cascades de violence » éclaire la manière dont différentes séquences de violence se succèdent et s’alimentent mutuellement dans le temps.
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Les mobilisations armées locales, notamment certains groupes de chasseurs traditionnels comme les Dozo, jouent un rôle important dans les dynamiques de sécurité locales.
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Les trajectoires de conflit restent fortement contextuelles : les dynamiques observées au Mali ne peuvent pas être simplement transposées à d’autres contextes, comme le Bénin.
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Les crises actuelles se caractérisent par une imbrication croissante entre dynamiques locales, nationales et internationales, dans un contexte marqué par l’internationalisation progressive des interventions et la diffusion régionale des violences.
ReFrACT Brief n02 : "ReFrACT Café : La police et sa réforme en RD Congo"
ReFrACT Brief n02 : "ReFrACT Café : La police et sa réforme en RD Congo"
This two-page brief provides an overview of the history of police reform in the Democratic Republic of Congo. It sheds light on the everyday experiences of reformed police officers and their interactions with the population, drawing out key lessons for reform practitioners and outlining avenues for reflection on the future of police reform in a context shaped by war and military occupation.
This ReFrACT Brief is in French, reflecting the language of the ReFrACT Café on which it is based.
Avis du Conseil consultatif Genre et Développement relatif à la gestion stratégique de l’égalité des genres au sein des négociations internationales dans le contexte anti-genre actuel
Avis du Conseil consultatif Genre et Développement relatif à la gestion
stratégique de l’égalité des genres au sein des négociations internationales dans
le contexte anti-genre actuel
Avis du Conseil Consultatif Genre et Développement, avec l’appui du groupe de travail sur la gestion stratégique de l’égalité des genres au sein des négociations internationales dans le contexte anti-genre actuel dont la présidence est assurée par le Monde selon les femmes(représentant le CNCD-11.11.11) et dont les membres représentent le Vrouwenraad, l’UMons, Oxfam Belgique, le CETRI, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, le CNCD-11.11.11, Prisme, Plan International Belgique, Soroptimist International, Nancy Suarez (Master Genre ULB) et Maria Martin de Almagro Iniesta du Programme Policy-Support Fragilité et Résilience de la DGD.

“Le contexte international actuel se caractérise par la montée du nationalisme et de l’autoritarisme, qui
affaiblit les démocraties et restreint les libertés. Les mouvements anti-genre constituent une réaction conservatrice organisée face aux avancées réalisées ces dernières années en matière d’égalité des genres,
de féminisme, d’inclusion, de reconnaissance des diversités, cherchant à inverser ou à neutraliser ces progrès. Souvent bien financés et particulièrement influents, ils cherchent à saper les droits des femmes et des filles, des personnes LGBTQIA+ ainsi que les droits sexuels et reproductifs.”
LA SÉRIE BUKAVU 2.0
LA SÉRIE BUKAVU 2.0
Aymar N. Bisoka, An Ansoms, Emery Mushagalusa Mudinga, Koen Vlassenroot, Godefroid Muzalia
Taken from Bukavu Series n02, GIC website

“Cette nouvelle Série Bukavu 2.0 prolonge et approfondit le chantier ouvert par la première Série Bukavu. L’initiative précédente avait incité des réflexions ‘Vers une décolonisation de la recherche’ (le sous-titre), mais celle-ci déplace cette ambition vers un contexte plus radical : celui de la guerre. Au sein de la guerre et la violence, la production des connaissances se heurte à la précarité du monde social et à la vulnérabilité des chercheuses et chercheurs. Là où le premier volume mettait au jour l’invisibilité des partenaires du Sud global et la persistance des hiérarchies Nord–Sud dans l’industrie du savoir, ce second volume interroge ce que signifie « faire de la recherche » lorsque la vie, la sécurité et la continuité du travail deviennent elles-mêmes des sujets d’interrogation et de choixroduire du savoir n’y apparaît plus comme un simple exercice intellectuel, mais comme un acte vital, un geste éthique et, parfois, une forme de résistance malgré les vulnérabilités qu’il implique. Cette réflexion n’est menée ni dans l’abstrait, ni sous la forme d’une demande de la part des chercheurs de pouvoir ou exposer leurs points de vue. Après l’offensive à grande échelle du M23 et l’occupation des villes de Goma et Bukavu, début 2025, nous avons été confrontés à une nouvelle réalité : celle de la guerre directe et de l’occupation militaire. Celle-ci a littéralement affecté les chercheurs comme acteurs pluriels ainsi que les conditions de production et de partage du savoir scientifique.
Produire du savoir n’y apparaît plus comme un simple exercice intellectuel, mais comme un acte vital, un geste éthique et, parfois, une forme de résistance malgré les vulnérabilités qu’il implique. Cette réflexion n’est menée ni dans l’abstrait, ni sous la forme d’une demande de la part des chercheurs de pouvoir ou exposer leurs points de vue. Après l’offensive à grande échelle du M23 et l’occupation des villes de Goma et Bukavu, début 2025, nous avons été confrontés à une nouvelle réalité : celle de la guerre directe et de l’occupation militaire. Celle-ci a littéralement affecté les chercheurs comme acteurs pluriels ainsi que les conditions de production et de partage du savoir scientifique.
Née dans un espace où l’instabilité, la peur et la perte font partie du quotidien, la Série Bukavu s’inscrit, depuis 2018, dans une tradition de réflexivité collective réunissant des chercheurs congolais, africains et européens. Ce volume s’appuie sur des expériences vécues en République démocratique du Congo (RDC) depuis le début de l’année 2025 pour interroger les conditions de possibilité du travail scientifique dans des environnements traversés par des conflits armés et l’occupation militaire. Une quarantaine de chercheuses et chercheurs montrent comment ils réinventent leurs pratiques, recomposent leurs alliances et ajustent leurs écritures au cœur de la violence, en assumant la part située, relationnelle et exposée de l’enquête.”







